Les ponts d’Ispahan sont aujourd’hui devenus des lieux de promenade très prisés des habitants qui apprécient les pique-niques au bord de la rivière Zayandeh rud. Ces constructions ont joué un rôle très important dans l’histoire de la région et restent de nos jours un monument encore utilisé.

Des lieux de rencontre et de détente

Dans la région d’Ispahan, constitué de 86 % de désert, la zone fertile située le long de la rivière ne représente que 7,4 %. C’est dire l’importance de cette rivière qui aujourd’hui encore approvisionne 30 % des ressources en eau de la ville.

Le barrage Shâh Abbâs Kabir est le plus important, cependant le plus ancien est le Pol-e Chahrestan, date de l’époque seldjoukide (XIe siècle) sur les fondations d’un pont d’époque sassanide (IIe siècle).

Au total, ils sont au nombre de 11, mais les plus importants sont le Chahrestan, Allahverdi Khan et le Khaju. Les habitants apprécient les sorties le long de la rivière Zayandeh rud et sur ces ponts à arches, particulièrement le vendredi.

Le pont Allahverdi Khan

Le pont Allahverdi Khan dit Si-o-se Pol ou pont « aux trente-trois arches » est le plus célèbre. Il a été construit en 1608, par ordre du premier ministre géorgien de Shah Abbas, Allahverdi Khan, durant le règne de la dynastie des Safavides. Ses fonctions sont de servir de lieu de passage et de réguler le cours de la rivière.

C’est un pont en arc à double niveau, doté d'arcades dans la base et les côtés. Cette configuration permet de se promener sur les deux niveaux, en fonction de la hauteur de l’eau. Sous l'effet de l’eau, les emmanchements créent un effet de fontaine, ce qui fait de l’endroit un véritable site touristique. À proximité, un talār ou « kiosque des miroirs » permettait au souverain d’observer la rivière.

Il faut savoir que le pont intègre l’avenue du Tchahâr Bâgh. Celle-ci est bordée de magnifiques jardins et de somptueux palais et prend fin sur la rive opposée de la rivière, dans le jardin royal d’été Hezâr-Jarib (jardin des Mille Arpents) qui n’existe plus aujourd’hui.

Le pont Khaju

Érigé vers 1650 sur les fondations d’un ancien port, par ordre du roi safavide Shah Abbas II, le pont Khaju relie la Rive-Nord et le quartier Zaroastrien au sud. Il a été construit pour servir de barrage, de bâtiment et de lieu de réunions publiques. Pourvu de 24 arches, ce pont a pour dimensions 133 x 12 m.

Des blocs de pierre de plus de 2 m de long et des briques ont été utilisés pour la construction. La voie de passage possède une largeur de 7,5 m permettant aux chevaux et aux carrioles de passer. Pour les piétons, deux chemins voûtés sur les côtés leur ont été réservés. Pour profiter de la vue sur les environs, des pavillons octogonaux ont été placés des deux côtés du pont.

Cet ouvrage est un des exemples de l'architecture persane. Il était beaucoup plus exceptionnel lorsqu’il était encore orné de fresques peintes et de frises en faïence colorée. Véritable lieu de sortie, un café, un salon de thé et une galerie d’art sont disponibles.